Le Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace (MESRE) lance, le 16 septembre 2026, sa Stratégie de science ouverte (SSO), pour les huit prochaines années. Cette nouvelle politique ambitieuse réaffirme l’engagement constant de la France pour une recherche plus transparente, plus collaborative et plus accessible.
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Confirmation du rôle pionnier de la France dans la science ouverte

L’ambition de la science ouverte est de rendre accessibles, autant que possible, les méthodes, les matériaux et les résultats de la recherche. Depuis 2018, date de lancement de son premier Plan national pour la science ouverte, la France s’est imposée comme un acteur clé de ce domaine. Les indicateurs du Baromètre français de la science ouverte (BSO) mesurent le succès de la politique française : le taux de publication en accès ouvert est passé de 38 % à 61 % pour l’ensemble des publications, de 40 % à 66 % pour les articles scientifiques et de 54% à 86% pour les publications issues des recherche financées par l’Agence nationale de la recherche. Par ailleurs, la science ouverte a un impact positif sur le rayonnement de la recherche française : les articles français ayant adopté des pratiques de science ouverte bénéficient, en effet, d’un gain de citations allant jusqu’à +19 % (https://doi.org/10.1162/QSS.a.487).

Les indicateurs du BSO montrent également une progression remarquable dans le partage des données et des logiciels, et dans la communication des résultats des essais cliniques. L’attribution des prix science ouverte de la thèse, des données de la recherche et du logiciel libre de recherche ont permis de reconnaitre les chercheurs engagés dans la science ouverte. Ces progrès montrent une véritable dynamique collective en faveur de la science ouverte.

Après deux plans nationaux, une Stratégie de long terme

La Stratégie de science ouverte (SSO) 2026-2033 a pour objectif de renforcer et d’intensifier les changements déjà initiés, avec les deux plans nationaux précédents, qui couvraient des cycles de trois à quatre ans. Elle adopte une approche de long terme, avec une vision stratégique et des plans d’action quadriennaux.

La Stratégie se structure en ambitions, enjeux, objectifs stratégiques et est dotée d’un plan d’action. Les ambitions de la science ouverte sont de permettre :

un rayonnement et une souveraineté scientifiques accrus
une recherche plus cumulative et collaborative,
une recherche plus reproductible, responsable et durable,
une recherche qui favorise l’innovation et qui s’ouvre au-delà du monde académique.

Parmi les principaux enjeux de la science ouverte, la SSO identifie : l’hétérogénéité des pratiques disciplinaires, la résistance au partage des données, la fragilité des infrastructures de science ouverte, les questions de qualité dans le domaine de l’édition scientifique, ou encore la faible valorisation des logiciels comme contribution significative à la recherche. Les services et infrastructures de recherche jouent un rôle essentiel pour la science ouverte. Malgré des améliorations récentes, la communication des résultats des essais cliniques n’est pas encore une pratique systématisée. Elle est pourtant rendue obligatoire par la réglementation européenne.

La Stratégie identifie également les leviers pour répondre à ces nombreux défis, comme : l’évaluation de la recherche ou la coordination internationale, notamment pour définir un cadre cohérent et des services adaptés à l’échelle européenne et mondiale. L’intelligence artificielle (IA) permet des progrès importants, mais pose également des nouvelles problématiques, notamment dans le domaine de l’édition, de l’intégrité scientifique et du droit d’auteur. L’ambition de la SSO est de concilier l’impératif de protection de la recherche et l’objectif d’ouverture de la science, en appliquant le principe « aussi ouvert que possible, aussi fermé que nécessaire ».

Le plan d’action pour 2026-2029

Après avoir dressé le tableau des ambitions, enjeux et opportunités de la science ouverte, la SSO liste huit objectifs stratégiques dans lesquels inscrire les plans d’action quadriennaux. Quatre objectifs stratégiques ciblent la transformation des usages, la gouvernance et les instruments de la politique de science ouverte, le développement de l’écosystème des services et infrastructures, ainsi que l’inscription de la France dans le paysage européen et international de la science ouverte. Les quatre autres objectifs concernent les productions scientifiques : les publications, les données, les logiciels et les résultats des essais cliniques. Le plan d’action pour la période 2026-2029 décline ces objectifs stratégiques en 30 actions et programme la mise en œuvre de 75 mesures concrètes. Le plan d’action engage de nouveaux projets comme la création d’une forge nationale pour les logiciels développés dans l’Enseignement supérieur et la recherche. Il renforce également les mesures phares de la science ouverte comme celles concernant HAL, Recherche Data Gouv et Software Heritage.

La SSO est complétée par le bilan de huit années de politique nationale de science ouverte, montrant l’ampleur des réalisations, ainsi que les productions du Comité pour la science ouverte, fruit d’un important travail d’expertise fournit par la communauté scientifique française. Les progrès ont été notables, mais un travail considérable reste encore à accomplir.

La France joue un rôle central dans la définition de standards internationaux exigeants en matière de transparence des méthodes et des productions de la recherche. La SSO, en s’appuyant sur une approche stratégique et des plans d’action concrets, guide cette dynamique pour renforcer l’ouverture de la science tout en garantissant la protection des savoirs.

Lire le document de stratégie : https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/fr/strategie-science-ouverte-2026-2033